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Indispensable parent – Les risques de mort pour les bébés secoués

Le syndrome du bébé secoué désigne un traumatisme crânien qui survient lorsque l’on secoue violemment un jeune enfant. Cette forme de maltraitance est une urgence médicale. Quelques conseils aident à garder ou à retrouver son calme face à un enfant qui pleure.

QU’EST-CE QUE LE SYNDROME DU BÉBÉ SECOUÉ ?

Le syndrome du bébé secoué désigne un traumatisme crânien non accidentel, entraînant des lésions du cerveau. Il survient lorsque l’on secoue violemment un bébé ou un jeune enfant. Le plus souvent, ce drame arrive lorsque la personne qui s’occupe de l’enfant est exaspérée par ses pleurs.

Les enfants de moins d’1 an (et surtout ceux de moins de 6 mois) sont les plus touchés par le syndrome du bébé secoué. En raison de la gravité des séquelles, aucun enfant ne doit être secoué, quels que soient son âge et la situation.

Les lésions neurologiques observées lorsqu’un bébé est secoué

Lorsqu’un bébé est secoué, des lésions cérébrales, oculaires et de la moelle épinière peuvent survenir même si la tête de l’enfant ne reçoit aucun choc. En effet, les nourrissons et les jeunes enfants ont une tête relativement grosse et lourde par rapport à leur corps. La musculature de leur cou est faible et leur cerveau est encore en développement. Il est donc plus sensible et susceptible d’être blessé par une secousse.

Sous l’effet des secousses, la tête du bébé se balance rapidement d’avant en arrière et son cerveau heurte les parois de son crâne. Des vaisseaux sanguins cérébraux peuvent être arrachés. D’autres blessures sont aussi possibles au niveau du cerveau et de la moelle, à savoir un écrasement du tissu cérébral contre la boîte crânienne à chaque secousse et un phénomène de cisaillement du tissu cérébral ou médullaire.

Les lésions les plus fréquemment observées sont des hématomes sous-duraux (collection de sang dans les espaces méningés) par rupture de veines périphériques du cerveau et des hémorragies rétiniennes (au niveau de la rétine des yeux). D’autres lésions neurologiques ou oculaires peuvent être constatées.

Les conséquences de ces traumatismes peuvent être très graves pour l’enfant et inclure des séquelles neurologiques permanentes, ou même la mort

Combien d’enfants sont-ils victimes de secouement ?

Chaque année, plusieurs centaines d’enfants sont victimes, en France, de cette forme de maltraitance. Ce chiffre est certainement sous-évalué en raison de diagnostics non posés et d’une sous-déclaration du syndrome du bébé secoué.

Dans la majorité des cas, les épisodes de secouement sont répétés dans le temps. En absence de diagnostic précoce, le bébé risque d’être à nouveau secoué et ainsi exposé à des lésions cérébrales de plus en plus graves.

Si les nourrissons de moins d’1 an sont les plus concernés, des enfants plus âgés peuvent aussi subir des blessures graves s’ils sont secoués violemment.

SYNDROME DU BÉBÉ SECOUÉ : SYMPTÔMES, DIAGNOSTIC ET SÉQUELLES

Les symptômes d’alerte du syndrome du bébé secoué. Les symptômes surviennent immédiatement après le secouement. Ils peuvent être en rapport avec une atteinte neurologique grave :

  • Une somnolence inhabituelle, des troubles de la conscience ;
  • Une rigidité du corps ou au contraire une perte du tonus ;
  • Des mouvements anormaux ou des convulsions (les bras et les jambes se raidissent ou se mettent à bouger de manière incontrôlable) ;
  • Une difficulté à respirer ou des pauses respiratoires.

D’autres symptômes apparemment moins graves doivent cependant alerter :

  • Une diminution de l’appétit, un refus de manger ou des vomissements sans raison apparente
  • Une perte des sourires ou du babillage habituels ;
  • Un moins bon contact, une extrême irritabilité, des pleurs inhabituels ;
  • Des troubles oculaires : les yeux ont des mouvements anormaux, les pupilles sont de dimensions inégales, l’enfant louche ou ne suit plus du regard.

Face à ces symptômes, contactez les secours médicaux d’urgence. Un diagnostic et des soins précoces sont indispensables pour diminuer les séquelles neurologiques.

En attendant l’arrivée des secours, si le bébé présente des convulsions ou s’il vomit, placez-le sur le côté, en position latérale de sécurité : cela permet à sa salive ou à ses vomissements de s’écouler par la bouche, pour limiter le risque d’étouffement.

Pour connaître la technique de mise en position latérale de sécurité, consulter le site de La Croix rouge française

Le diagnostic du syndrome du bébé secoué

Après son admission à l’hôpital, le bébé bénéficie d’un examen clinique approfondi. Les parents de l’enfant sont interrogés sur les circonstances de survenue des symptômes. Des examens complémentaires sont réalisés pour rechercher d’éventuelles lésions :

  • Un bilan biologique par prise de sang ;
  • Un examen ophtalmologique avec fond d’œil ;
  • Un scanner cérébral ;
  • Une IRM (imagerie par résonnance magnétique) ;
  • Des radiographies du squelette…

Si l’équipe médicale pense que l’enfant est victime d’un secouement, elle saisit dans les meilleurs délais le procureur de la République pour mettre en place immédiatement des mesures de protection de l’enfant. Le procureur décide des suites judiciaires à donner (enquête pénale…) Les parents sont informés du signalement et de la possibilité de porter plainte s’ils disent ne pas être en cause et attribuent le secouement à une autre personne.

Les séquelles chez les enfants victimes du syndrome du bébé secoué

Les lésions cérébrales subies par les bébés secoués peuvent avoir des conséquences diverses. Elles peuvent être responsables de :

  • Retard du développement psychomoteur ;
  • Troubles du comportement ;
  • Convulsions ;
  • Paralysie ;
  • Déficit visuel.

Pour prendre en charge ces affections, des soins spécifiques sont généralement nécessaires (éducation spécialisée, réadaptation, orthophonie, etc.)

QUE FAIRE SI VOTRE BÉBÉ PLEURE BEAUCOUP ?

Voici quelques pistes pour mieux décrypter les besoins de votre nourrisson, et quelques conseils s’il reste inconsolable sans raison apparente.

Gardez toujours votre calme et n’hésitez pas à vous faire aider pour ne pas être tenté de secouer votre bébé. Sachez qu’un bébé en bonne santé peut pleurer 2 à 3 heures par jour pour diverses raisons : faim, couche humide, position inconfortable, besoin d’un câlin, ennui, fatigue, etc.

Comment calmer son enfant qui pleure ?

Assurez-vous d’abord que votre bébé n’a pas de fièvre. S’il en a prenez-la en charge.

Vérifiez s’il n’a pas besoin de boire ou de manger, d’être changé, couvert davantage ou au contraire, moins couvert.

Si votre bébé n’a apparemment besoin de rien, voici quelques conseils pour vous aider à le calmer :

  • Prenez-le dans vos bras ;
  • Frottez-lui doucement le ventre ;
  • Éteignez les lumières et maintenez le calme dans l’environnement de votre bébé. Trop de stimulations peuvent déclencher ou faire empirer ses pleurs ;
  • De la musique ou des chants doux, des sons apaisants, consolent certains bébés ;
  • De nombreux nourrissons sont aussi calmés par le mouvement. Installez votre bébé dans un porte-bébé ou une poussette et promenez-le. Vous pouvez aussi le bercer dans vos bras avec des mouvements lents et rythmés ;
  • Téter aide parfois les bébés à se détendre. Vous pouvez donc donner à votre enfant une tétine ;
  • Enfin, vous pouvez faire prendre à votre bébé un bain à 37 ºC.

Comment essayer de garder son calme ?

Vous vous êtes assuré que votre bébé n’a aucun problème particulier. Pourtant, il pleure encore.

Gardez votre calme et prenez conscience de vos sentiments : êtes-vous contrarié, frustré, en colère, énervé ? Êtes-vous au bout de vos forces ? Si c’est le cas, prenez quelques instants pour vous calmer et vous reposer.

Si vous n’en pouvez plus, arrêtez-vous ! Couchez votre enfant bien en sécurité sur le dos, dans son lit. Quittez la chambre pour quelques minutes et fermez la porte de la pièce.

Vous pouvez aussi essayer de trouver un moyen de vous détendre :

  • Prenez des respirations longues et profondes ;
  • Serrez un objet mou ;
  • Écoutez de la musique douce ;
  • Pleurez ;
  • Prenez une douche.

Si besoin, parlez de vive voix ou par téléphone à un ami, à un membre de votre famille, à un voisin ou à une autre personne en qui vous avez confiance, pour obtenir un soutien.

Si toutefois vous avez l’impression que vous pourriez secouer votre bébé dans les instants qui viennent, appelez à l’aide le 119 (Allô enfance en danger).

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